Equilibre et déséquilibre émotionnel
Comme nous, nos animaux ont des émotions et ressentent la peur, l’excitation, la frustration, le stress, l’envie. Toutefois ils ne réagissent pas semblablement à nous aux événements de l’existence : chaque chien est un individu à part entière.
Durant les premières semaines de leur vie, les chiots se construisent un seuil de résistance qui leur permettra de faire face aux modifications de leur environnement de manière plus ou moins calme et sans stress. Selon qu‘ils ont été élevés dans un milieu hyper ou hypo-stimulant, ils disposent d’un « bagage » plus ou moins solide. Les stimulations des sens des petits sont indispensables, mais elles doivent se faire prudemment, car les conséquences à long terme d’une mauvaise gestion sont presque irrémédiables.

Il est fortement recommandé au naisseur de la portée de lui faire connaître des lieux et des situations différentes ainsi que d’autres chiens et éventuellement d’autres animaux pour l’y familiariser, mais on ne procède pas n’importe comment ! Le risque de traumatisme en cas d’excès est tout aussi présent que celui de « syndrome du chenil » en cas d’absence ou de pauvreté des stimuli. L’appréhension des personnes inconnues, la non connaissance des bruits quotidiens (moyens de transports ou aspirateur en fonctionnement…), la peur des situations aussi courantes qu’un ascenseur ou un escalier, peut être extrêmement handicapante ! De même, un chien qui a vécu un tsunami émotionnel, bombardé d’excitations et de stimulations sans avoir suffisamment de repos pour récupérer convenablement, sera lui aussi affaibli et incapable de vivre sereinement de nouvelles expériences.
Ainsi on rencontre des compagnons à quatre pattes qui résistent sans manifestation apparente aux déménagements, à l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille (enfant, chien ou autre animal), au départ d’un élément de leur groupe familial, à un changement de rythme… quand d’autres perdent leurs moyens au moindre élément inhabituel. Attention : ce n’est pas parce que l’on ne voit rien sur le chien, qu’il ne se passe rien ! Tout est question d’équilibre ou de déséquilibre interne : l’individu qui se trouve confronté à un contexte auquel il n’est pas habitué, devra gérer l’émotion que cette situation génère chez lui. Plus les acquisitions faites durant la période de développement précoce seront solides, mieux il les surmontera.
pour les DNA du 4 janvier 2009
Laurence Bruder Sergent
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