Le lien entre comportementaliste et éleveur
Les professions de comportementaliste et d’éleveur peuvent se compléter à plusieurs niveaux : si le travail du premier est – entre autres – de faire naître des individus en bonne santé et représentatifs de la race à laquelle ils appartiennent, celui du comportementaliste consiste à étudier le comportement canin, à aider l’humain à s’adapter à la réalité animale pour mieux communiquer avec lui.
Le comportementaliste
Grâce à sa formation en éthologie, ce spécialiste des relations entre l’humain et le chien va pouvoir sensibiliser l’éleveur de façon préventive sur :
- l’importance d’une atmosphère calme et apaisée pour la chienne gestante. Il peut anticiper les retentissements d’un stress intense pendant la gestation, informer l’éleveur sur les moyens d’éviter les traumatismes et les situations à risques
- les meilleures conditions à réunir pour faire naître et grandir des chiens équilibrés : les chiots ont besoin de rencontrer des stimulations variées afin de préparer au mieux leur adaptation dans leur nouvelle famille
- les moyens
d’éviter de créer des attitudes de peurs par maladresses ou méconnaissance
De plus, les éleveurs n‘ont pas toujours le temps de donner les conseils aux acheteurs de leurs chiots, et certaines personnes ne savent pas comment s’y prendre pour intégrer l’animal dans son nouvel environnement, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier chien. Le comportementaliste pourra conseiller l’éleveur et les familles adoptantes quant aux règles de bases à connaître pour réussir cette intégration, notamment parmi d’autres animaux, en présence d’enfants, ou encore dans un contexte différent de celui de l’élevage.
Il arrive aussi qu’un comportementaliste concoure à solutionner des conflits au sein des chiens composant l’élevage. Ainsi, une éleveuse de chihuahua me demanda un jour de l’aider à résoudre des problèmes d’agressivités entre plusieurs de ses étalons.
Malgré tous les soins que les éleveurs prennent de leurs animaux, les accidents ne sont pas tous évitables. Il peut arriver qu’un chien se blesse ou vive un traumatisme : il faut alors agir sans tarder pour éviter que des attitudes de peurs, d’agressivité ou de perte de contrôle ne s’inscrivent dans l’esprit du chien comme la seule réponse possible face à une situation stressante. Le comportementaliste peut accompagner l’éleveur dans le travail de reprise de confiance qui s’impose.
Il est aussi apte à prévenir d’éventuels troubles du comportement, ou intervenir lors de problèmes relationnels entre maîtres et chien. Certains éleveurs n’hésitent pas à adresser leurs clients à des comportementalistes, lorsque des attitudes nouvelles surviennent et que les propriétaires n’en saisissent pas les causes.
L’éleveur
Les éleveurs
quant à eux, de par leurs expériences et leurs savoirs, peuvent renseigner les
comportementalistes confrontés à une situation problématique avec un chien d’une
race spécifique : certaines races sont rares et les comportements de leurs
représentants sont parfois différents de ceux des autres chiens. Un chien de
type molossoïde n’aura pas les mêmes réactions qu’un yorkshire face au danger.
L’éleveur est une source de renseignements pour comprendre certaines attitudes.
Ainsi, au début de mon exercice, je fus confrontée à des incompréhensions face à
un grand chien japonais, et une éleveuse d’akita inu m’apporta tout son savoir
pour m’aider à solutionner le problème rencontré par les maîtres.
Certains éleveurs organisent des réunions pour leurs clients avec la présence d’un conseiller en comportement canin, qui intervient afin de les familiariser au fonctionnement du chien (qui appartient à une autre espèce que l’espèce humaine, nous avons parfois tendance à l’oublier !) ou pour expliquer les attitudes incomprises, et intervenir si nécessaire pour les solutionner.
Laurence Bruder Sergent
comportementaliste
pour SANTE PRATIQUE ANIMAUX 2004